1650-1700

Notre-Dame du Laus

21 septembre 2015

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Pendant quatre mois, début juin à la fin août 1664, presque tous les jours, la Mère et l’enfant Jésus rencontrent Benoîte Rencurel au Vallon des Fours.

Nous savons que pendant les deux premiers mois c’est le silence complet de la part de la Dame.
Malgré ce silence, l’événement procure à Benoîte une paix qui la comble au-delà de ses attentes.
Les deux mois suivants sont consacrés à la formation de la jeune bergère; il lui faut apprendre à prier, à devenir patiente, à être détachée.

La Dame: Me donneriez-vous un mouton et cette chèvre ?

Benoîte: Belle Dame! pour le mouton, je le compterai(paierai) sur mes gages, pour la chèvre, non! Elle me fait besoin, me porte pour passer la rivière quand elle est grosse; vous ne l’aurez pas pour 30 écus.

La Dame lui dit qu’elle aimait trop sa chèvre, lui donnant du pain et des raisins; il vaudrait mieux donner aux pauvres ce qu’on lui donne.

Benoîte apprend ainsi de la Dame, les litanies de Notre-Dame de Lorette qu’elle enseigne ensuite aux jeunes filles de Saint-Étienne qui viennent, à chaque soir, les chanter à l’église comme l’a demandé à ses diocésains l’évêque d’Embrun, Mgr Aubusson de la Feuillade.

Apparitions mariales, Notre Dame du Laus

28 août 1664

La Dame demande à Benoîte d’inviter les filles de Saint-Étienne à venir au Vallon des Fours le lendemain, fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste.

Devant la piété qui se manifeste depuis quelque temps, le curé de la paroisse, l’abbé Jean Fraise invite non seulement les jeunes filles à la procession mais aussi tous les hommes, les femmes et les enfants. 

Jusqu’ici les apparitions se sont déroulées, soit à Saint-Étienne d’Avançon, soit au Vallon des Fours, tous les deux situés sur la rive gauche de la rivière Avance et éloignés l’un de l’autre d’environ un kilomètre.

Vers la fin septembre 1664:

« Quand vous me voudrez voir dès lors vous le pourrez dans la chapelle qui est au lieu du Laus où elle sentira bon « 

Le Laus est un hameau de 7 à 8 chaumières; il fait partie de la paroisse Saint-Étienne d’Avançon située à trois milles. Dès 1640, les gens du Laus avaient bâti une petite chapelle afin de pouvoir prier, lorsque la crue des eaux les empêcherait de se rendre à Saint-Étienne. C’est cette chapelle abandonnée que la Vierge a désignée comme point de rendez-vous pour les années qui vont suivre. Une chapelle qui  » sent bon  » malgré la poussière accumulée au long de ses 24 années d’existence. Les gens du Laus avaient mis la chapelle sous la protection de  » Notre-Dame de Bon-Rencontre  » une désignation qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

Après avoir parcouru toutes les maisons, elle l’aperçoit, commence à sentir bon et la trouve à demi-ouverte.
Elle voit la divine Marie sur l’autel sans nappes, 

qui lui dit qu’elle l’avait bien cherchée, mais le fallait faire sans pleurer; qu’elle lui avait fait plaisir de ne pas s’impatienter. Dans peu de temps il n’y manquera rien, qu’elle y verrait linges, cierges et autres ornements… qu’elle veut faire bâtir là une église en l’honneur de son très cher Fils…beaucoup de pécheurs et de pécheresses s’y convertiront .

Les travaux de construction vont de 1666 à 1669 .

Ce phénomène des parfums est vérifié occasionnellement par des pèlerins de toutes conditions: des jeunes, des vieux, des paysans, des citadins, des gens d’Église. On raconte même que du 24 mars à la fin mai 1690, l’église du Laus était si embaumée de parfum que tous les pèlerins en étaient témoins.

Depuis le 23 juin 1666, des guérisons sont rapportées après avoir fait usage de l’huile provenant de la lampe du sanctuaire. C’est Marie elle-même qui encourage à cette dévotion comme le rapporte le texte de Gaillard:

« Que l’huile de la lampe de la chapelle, si on en prend et qu’on s’en applique, et si on recours à son intercession et qu’on ait la Foi, qu’on guérira « .

En juillet 1692, le duc de Savoie, Victor Amédée II, envahit la région avec 40.000 hommes. C’est la catastrophe; presque tout est détruit sur son passage. Heureusement, Benoîte avertie par la Vierge met les biens précieux en sécurité et se réfugie à Marseille avec le personnel du Laus. L’exil va durer du 2 août au 20 septembre 1692.

En l’absence de Mgr de Gentis, de nouveaux aumôniers sont nommés par le vicaire général d’Embrun, Gabriel Biola.
Ces nouveaux pasteurs sont opposés au pèlerinage du Laus et placent Benoîte dans une position inconfortable.

Pendant 15 ans (1697-1712) elle sera en résidence surveillée  dans son petit logis du Laus qu’elle habite depuis 1672.  Défense lui est faite de parler aux pèlerins et elle ne peut assister à la messe que le dimanche. 

Comme il arrive souvent à l’occasion d’une apparition de la Sainte Vierge, une épidémie de voyants se déclare dans la région. Cela se produira aussi à Lourdes en 1858.

Les ennemis du Laus font rejaillir sur Benoîte le ridicule de ces supposées apparitions, plus grotesques les unes que les autres.

Mgr de Malissoles, évêque de Gap, intervient auprès de Mgr de Genlis, évêque d’Embrun. Enfin, le 2 septembre 1712, Mgr de Genlis confie le sanctuaire du Laus à une communauté nouvellement fondée, les Missionnaires de la Sainte-Garde. Tout redevient normal et Benoîte pourra mourir en paix le 28 décembre 1718.

Elle mourut le jour de la fête des Saints-Innocents, comme prédit par le ciel et colportés pas elle. Depuis la Saint – André, elle ne quittait plus le lit. Noël, cette année-là, 1718, tomba un dimanche.
Sachant qu’elle n’avait plus que trois nuits à passer sur la terre, elle demanda le viatique et les saintes huiles, fit ses recommandations dernières. Elle conserva sa connaissance jusqu’au bout et n’eut point d’agonie.
On s’aperçut qu’elle venait de s’éteindre au sourire qui se dessina soudain sur ses lèvres.

Source: http://jesusmarie.free.fr

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